Koufa
Je suis Koufa le marchand
Je viens d'un pays où le sable
S'invite à votre table
Et dans vos vêtements
Sans invitation préalable
Le jour où la mer s'est retirée
Elle nous a laissé des dunes
Aussi rondes que les formes
De nos délectueuses femmes
Aussi mouvantes que la fortune
Nous sommes des nomades
Qui courront après le soleil
La peau couverte de miel
En guise de pommade
Les mouches nous accompagnent
Pour nous conter à l'oreille
Monts et merveilles
A l'Est de nos montagnes
J'étais en mon pays arride
Un très grand "Yab oud"
Ou barde si tu préfères
J'animais les "moussems"
Et faisais pleurer les mères
C'est lors d'un de ces carêmes
Que j'ai croisé la belle Sabah
Et sur mon oeil et mes mains
Ô mon hôte elle etait mon destin !
C'est dans tous mes états
Qu'auprès de son père j'ai couru
Les bras chargés de friandises
Demander la main de mon ingénue
Pour récompenser ma gaillardise
Il m'offrit en pâture
A un nid de scorpions
J'ai suvécu aux tortures
De leurs piqures et poison
Pour finalement devenir
A leur image et selon mes désirs
Sabah a été éloignée de nos terres
Mais son navire s'est égaré
Au confin des mers
Je n'ai cessé de voyager
En me faisant marchand de biens
Epicier ou musicien
Quand vient le danger
Mon dard sait me protéger
De toutes les menaces
Alors je cherche sa trace
Et partout je vais en chantant
La chanson de Sabah sur les vents
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